#1 13-05-2018 18:55:27

Pilo
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Le Poème de Sophia

Il y a des centaines d'années
Ce bout de texte fut déterré
Dans une contrée éloignée
De jarres très détériorées

Le Poème de Sophia

*** Fragment 1. Introduction ***

   De très nombreuses années
   Nous ont doucement éloignés
   De toutes ces grandes épopées,
   Que les poètes grecs racontaient.

   Mais le genre n’est pas mort
   Plantons le nouveau décor
   D’une histoire de trésor,
   Sans aucune pléthore.

   C’était il y a bien longtemps
   Un petit royaume indépendant
   Une princesse seule désespérant
   Une vie sans aucun rebondissement

   Le trône ne lui était pas destiné
   De toute façon cela la gonflait
   Elle, elle préférait explorer,
   Comprendre, s’interroger.

   Une érudite pleine d’affection !
   Sciences et arts sans distinction
   Elle avait reçu la meilleure éducation,
   Dans tous les domaines sans exception.

   Pour ses sages et profondes réflexions
   Le peuple lui témoignait son affection
   Conseillère de l’ombre de la nation
   Sophia : son doux petit surnom.

   Un jour au royaume se présenta
   La découverte l’aventure loin de là
   Vers un territoire inconnu jusque-là
   Une opportunité qui la mit en émoi.

   N’étant toujours pas mariée,
   Connaissant son envie d’explorer
   Son père accepta sans trop délibérer
   De la laisser sur le bateau s’embarquer.

   Pour assurer un minimum sa sécurité,
   Ne pouvant éviter tous les dangers :
   Un couple d’esclaves lui fut donné,
   Iris et Pavlos ils s’appelaient…

   C’est ainsi que commença :
   Une histoire qui tous les mènera
   Loin de tout ce qu’ils ont vu jusque-là
   Aux quatre coins du monde, tout là-bas.

*** Fragment 2. Un Vieil Homme ***

   Cela faisait huit mois
   Qu’ils étaient partis déjà,
   Quand ils croisèrent les pas
   D’un homme qui les interpella

   Un chien qui de près le suivait
   Il tenait une lanterne allumée
   Pourtant le jour était levé
   Quelle belle étrangeté !

« Es-tu un Homme ? »
   Demanda le vieil homme.
« Une femme pas un homme ! »
   Répondit Sophia presque bougonne.

« Mais non, es-tu un Homme ? »
« Je veux que tu te questionnes… »
« Je ne comprends pas vieil homme »
   Soupira Sophia maintenant ronchonne.

« Alors je vais essayer de t’aider ! »
« Mais avant pourrais-tu aussi nous aider »
« Donner à boire à un vieux chien tout cassé »
« Et à son fidèle compagnon d’aventure de liberté »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Tous les cinq assis sous l’olivier
   Une fois la patte du chien pansée
   Sa question ne l’ayant pas quitté
   Sophia se retourna vers l’étranger

   Et demanda avec affection :
« Pourquoi une telle question ? »
« Quelle magnifique interrogation ! »
   Lança le vieil homme plein d’excitation

« J’ai tout de suite remarqué »
« Quand je vous ai vu tous arriver »
« Toi et tes compagnons bien habillés »
« Que vous n’étiez pas d’ici des étrangers »

« Et quelque chose m’a interpellé »
« La discussion que vous meniez »
« Quelque chose vous opposait »
« Mais vous en débattiez… »

« Un banal exercice de dialectique »
   Dit Sophia de manière automatique
« Le grec est une nouvelle linguistique »
« Dont nous devons maîtriser la pratique »

« Je comprends mieux, c’est magnifique ! »
   Répondit le vieux au sourire atypique
« Serais-tu une maîtresse atypique ? »
   Demanda-t-il un brin extatique

« Je ne comprends pas ta question »
« Laisse-moi détailler ma réflexion »
« Un débat est-il source de solutions »
« Quand un maître exerce sa domination »

« Je pense entrevoir où tu veux en venir »
   Lança Sophia avec un grand sourire
« Et je suis d’accord sans rien redire
« Avec ce que tu viens de me dire »

« Ainsi tu as certainement raison »
« Sans aucune autre différenciation »
« Débattre ce que nous connaissons »
« Permet de trouver de vraies solutions »

« Il est alors possible que nous formions »
« Notre groupe, moi et mes compagnons »
« Un groupe atypique nous reconnaissons »
« L’importance de chacune de nos opinions »

« Revenons alors à ma première question »
« Es-tu un Homme, après cette réflexion »
   Il lança sans expliquer cette transition.
« Suis-je Homme si j’ai mes opinions ? »

« Un début de définition peut-être ! »
« C’est enfoncer une porte entrouverte »
   S’exclama joyeusement le vieil ancêtre
« Que ne devons-nous surtout pas omettre ? »

« Pour trouver des solutions »
« Avoir des débats d’opinions »
« Qu’ajouter à notre définition ? »
« Les autres ont aussi des opinions ? »

« Je crois que nous avons trouvé »
   Laissa alors le vieil homme éclater
« L’Homme a ses opinions et il le sait »
« Les Hommes ont des opinions, il le sait »

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment illisible]

*** Fragment 3. Catharsis ***

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment manquant]

   Le rituel est achevé.
« Diogène ici : au pied ! »
« Laisse les nouveaux mariés »
   Lança Homère au chien qui sautait

   Le lendemain quand l’aube se leva
   Iris et Pavlos vinrent trouver Sophia
   Qui dormait dans son pithos à l’agora
   Près de celui d’Homère qui ronchonna

« Nous devons parler du prochain chapitre »
« Grâce à vous nous sommes tous deux libres »
« Nous sommes aujourd’hui mariés, à juste titre »
« Mais le temps coule face à la fontaine Clepsydre »

« Nous sommes ici depuis maintenant deux ans… »
« Ne pensez-vous pas qu’il est peut-être temps, »
« De rentrer chez nous, notre pays si distant ? »
« Comprenez-vous ce que je sous-entends ? »

   Sophia marmonna du fond de son bastion
« Ma chère Iris, pourquoi ces questions ? »
« Pourrais-tu me donner une indication ? »
« Dis-moi le fond de tes interrogations »

« Avec le mariage nous avons réfléchi »
« Elle nous manque notre belle patrie »
« Fonder une famille là-bas, pas ici »
« Telle est notre profonde envie… »

   L’esprit encore tout embrumé :
« Vous êtes libres eh bien partez ! »
« Tu me dis là d’évidentes banalités »
   Lança Sophia sans vraiment être réveillée

   Connaissant le réveil difficile de la bête
   Pavlos n’y alla pas avec des pincettes
« Réveille-toi et va faire ta toilette »
« Il est tôt et tu as mal à la tête ! »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Merci à tous les deux »
« Pour vos esprits lumineux »
« J’ai à nouveau ouvert les yeux »
« Grâce à vous je sors de cet état piteux »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Je l’attendais cet instant »
« Depuis déjà quelque temps »
« Tes motivations je comprends »
« Va et ta belle philosophie répand »

   Homère les regarda partir
   Tous les trois sur leur navire
   Ouvrir une nouvelle voie, élargir
   Un nouveau monde qui reste à bâtir

*** Fragment 4. Prison Liberté ***

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment manquant]

   Deux jours depuis cette attaque macabre
   Dans sa longue toge couleur cinabre
   Esclave après avoir été clocharde
   Sophia était toujours blafarde

« Tout ira bien, je le sais… »
« Douce Iris, cesse de pleurer »
   Pavlos essayait de la réconforter :
« Un obstacle sur une route encombrée »

   Leur bateau entra dans le port de Rome
   Cette vision agit comme un sérum
   Sophia sortit de son délirium
   Prête à affronter le forum

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Ils ne savaient pas ce que l’avenir leur réserva,
   Mais rassurés d’avoir été achetés tous les trois
   Ils s’écroulèrent de fatigue par terre à l’étroit
   Serrés l’un contre l’autre, protégés du froid

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

« Peux-tu changer quelque chose à notre situation ? »
   Demanda Sophia à Pavlos emplie de compassion
« La fuite est impossible, peut-être une rébellion »
« Mais serais-tu en accord avec tes réflexions ? »

« Aurais-tu une explication à nous donner ? »
« Notre situation nous ne pouvons changer »
« Et donc nous avons perdu notre liberté »
   Coupa Iris triste, quelque peu dépitée.

« C’est là que vous vous trompez ! »
« Elle est toujours là, la liberté ! »
« Même esclaves, prisonniers. »
« Il nous suffit de l’accepter. »

« Pouvez-vous voler ? »
   Lança une Sophia amusée
« Non, tout le monde le sait »
   Répondit Pavlos un peu agacé

« De cette belle terre à nos pieds »
« Alors nous sommes prisonniers »
« Notre incapacité à nous envoler, »
« Nous prive-t-elle de notre liberté »

« Tout est question d’acceptation, »
« Sans tomber dans l’aliénation, »
« Envies mises en adéquation : »
« Utiliser notre réflexion… »

« De bien belles paroles tu dis là »
   Répondit Iris qui un peu se redressa
« Mais quel changement tu proposes là »
« Une remise en question profonde de soi »

« Abandonner ce que nous souhaitions jusque-là »
« Pour découvrir des opportunités inconnues jusque-là »
« Si petites minuscules soient-elles dans ces conditions-là »
« S’accrocher à toute branche à bout de bras, du bout des doigts »

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 5. Le Royaume Perdu

Les bateaux avançaient à rythme soutenu
Les Colonnes d’Hercules étaient en vue.
Jusqu’à présent encore aucun imprévu
Mais cette mer était très bien connue

Pavlos galérait aux rames
Le sort de nos deux femmes
Semblait un peu moins infâme
Dans cet étrange organigramme

Iris était en charge de l’intendance
Esclaves ou maîtres sans différence
Elle apportait au bateau sa constance
Qui lui valait de tous leur bienveillance

Sophia, elle, paraissait plus en retrait
Elle aidait partout là où elle le pouvait
Et semblait perdue dans ses pensées
Sans rien dire, sans un mot prononcer

En charge du trésor : de sa comptabilité
Elle avait reconnu sur une carte oubliée
Le chemin vers son royaume si éloigné
Elle savait où elle allait et elle attendait

Dans sa cale seules douleurs difficulté
Le pauvre Pavlos lui aussi attendait…
Ces brefs instants avec Iris passés
Et aussi l’espoir, il s’accrochait…

[Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

De nombreux mois avaient passé.
Plus d’un an peut-être, il se pourrait
La routine s’était doucement installée
Débarquer manger négocier embarquer

Parfois ils s’établissaient à certains endroits
À rechercher un trésor qu’on leur venta…
Pour y former les plus grands convois,
Ils pouvaient y rester plusieurs mois

Tous les esclaves allaient et venaient,
Aux escales les morts étaient remplacés
De rameur à porteur ils étaient vite épuisés
Mais Pavlos était toujours là : il s’accrochait…

Jusqu’au jour où la côte au loin se transforma…
Pour nos trois compagnons infortunés en tout cas…
Ils l’avaient presque oubliée, leur cœur s’emplit de joie
Elle était familière : telle qu’ils la connaissaient autrefois

Le père de Sophia allait pouvoir les racheter, ils le savaient

[Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

Tout espoir de libération était perdu…
Un beau-frère la couronne avait revêtu :
Les larmes de Sophia lui troublaient la vue
Son père, sa sœur deux morts si ambiguës.

Il s’ensuivit : une longue période de désarroi
De la vie du bateau doucement elle se retira
Iris et Pavlos ne pouvaient consoler Sophia.
Mais jamais, à la vengeance elle ne pensa.

[Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 6. Renaissances

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment manquant]

   Sophia s’isolait toujours
   À peine disait-elle bonjour
   Iris, Pavlos tournaient autour,
   Mais sans être d’aucun secours

   Pas de catharsis possible là
   Ils ne pouvaient qu’être là,
   Près d’eux à côté juste là
   Sophia était toujours là :

   Même sans presque parler
   Et retirée dans ses pensées :
   Elle était là pour tous les aider
   Elle n’avait pas perdu son agapè

   Pourtant parfois elle disparaissait
   Pendant des jours on ne la voyait
   En silence, seule elle réfléchissait,
   Isolée avec tous ses petits papiers

   Ses compagnons la soupçonnaient
   Mais sans jamais rien lui avouer
   De travailler un plan une idée
   Qui peut-être les sauverait.

   Après de très longs mois,
   Sentant Pavlos perdre sa foi :
   Un futur sous un meilleur climat,
   Sophia se confia une première fois :

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   L’hiver approchait à grands pas ;
   Toutes les cales étaient pleines à raz
   Alors ils inversèrent tous leur compas ;
   Leur plus grande peur, qu’on les attaqua.

   Sophia de son côté allait beaucoup mieux
   Elle avait retrouvé son sourire si joyeux
   Iris et Pavlos étaient moins anxieux
   Encore quelques mois besogneux

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Tout commença par une petite brise,
   La mer devint soudain toute grise ;
   La tempête n’était plus indécise :
   Il ne pouvait y avoir de méprise.

   Face à toute la puissance des éléments
   Des choses s’imposaient assurément
   Abattre les voiles immédiatement
   Rentrer les rames rapidement…

   Les voilà à la merci de la nature
   Il fallait que tiennent les armatures,
   Bateaux ballottés telles des miniatures
   Aucune manœuvre n’était simple procédure

   Il fut décidé d’attacher les bateaux,
   Ou de les relier entre eux plutôt…
   À disposition sur leurs radeaux :

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Trois bateaux avaient disparu,
   Aucun d’entre eux n’était en vue
   Avec leurs trésors à jamais perdus
   Au fond ils reposaient, bienvenues…

« Je crois que la tempête est passée… »
« Nous allons enfin pouvoir tous respirer »
   Chuchota Sophia à une Iris encore prostrée…
« Pavlos, un peu de repos, les rames sont cassées »

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 7. Premiers Pas

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment illisible]

« Et toujours aucune terre à l’Est »
« Pourtant le vent n’est pas modeste »
   Devraient-ils aller vers le Nord-Ouest
   Auraient-ils commis une erreur manifeste.

   À se battre pour quelques droits successoraux
   Les maîtres se comportaient comme des sots
   L’expédition avait perdu tous ces généraux
   Avec leur bateau Pluton au fond des eaux

   Le climat se faisait de plus en plus froid
   De la glace se formait sur certaines parois
   Ce qui pouvait parfois créer un contrepoids
   Et ils faillirent disparaître de nombreuses fois

   Mais ils ne coulèrent pas, un véritable exploit
   Tous les esclaves avaient gelé leurs doigts
   À casser de la glace une heure sur trois
   Et le payaient de leur vie parfois…

   Après des semaines dans ces conditions
   L’espoir de revoir la terre devenait illusion
   Mais ils finirent par échouer sans annonciation
   De nuit sur une côte glacée loin de leur destination

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Ils envoyèrent de nombreuses patrouilles…
   Mais toutes rentrèrent aux bateaux bredouilles
   Sans avoir trouvé une âme ou même une dépouille
   Il ne leur restait qu’une seule solution : la débrouille !

   Réparer pour repartir ou attendre la fin de la mauvaise saison
   Les maîtres mirent quelques jours à prendre leur décision
   Mais dans le but d’éviter une forte grosse rébellion
   Ils choisirent de rester : une très sage décision

   Leurs esclaves n’en pouvaient plus…
   Repartir sans repos aurait plus que déplut

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Une fois les bateaux bien calfeutrés
   Des esclaves voulurent se regrouper
   Mais les maîtres refusèrent d’ambler
   De peur d’être bien trop vite dépassés

   Les cales étaient pleines de denrées rares
   Il y avait même du vin dans certaines jarres.
   Ils comprirent vite qu’ils ne devaient pas boire
   Sans saler et réchauffer de la glace purificatoire.

   Faire du feu était particulièrement problématique
   Aucune végétation, aucune source énergétique
   Dans cet environnement monochromatique :
   L’autodestruction, seule solution pratique.

   Ils prirent les décisions qui s’imposaient
   Toute chose qui se mangeait, qui brûlait
   Fut rapidement inventoriée, catégorisée
   Notre Sophia avait plutôt bien travaillé

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 8. Premières Fondations

   De longs mois ont passé
   Nuit glaçante indétrônée
   Le temps semblait arrêté
   L’hiver était bien installé

   Rien à faire à part attendre
   Au chaud dans la cale, attendre
   S’occuper, tuer le temps : attendre
   Tout pour ne pas s’entre-tuer : attendre

   Pour la première fois depuis leur départ,
   Plus vraiment besoin de travail fouettard
   Mis à part quelques corvées obligatoires,
   Qui pour certains devenaient un exutoire

   Le bois était bien souvent rationné :
   Que ce soit pour se faire à manger
   Ou simplement pour se chauffer
   Le mécontentement grondait.

   Une situation plutôt volatile
   Avec des attitudes juvéniles
   Où tout peut devenir tactile
   Ils en devenaient séniles…

   Régulièrement en rébellions
   Contre toutes ces oppressions
   Aussi contre leurs compagnons
   Terribles étaient leurs répressions

   Avec parfois des morts par dizaines
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]
   Les maîtres n’y allaient pas avec des mitaines

  [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Tout ce temps à leur disposition
   Sophia avait saisi cette occasion
   Pour mettre son plan à exécution
   Dispenser une première formation

   Tout commençait par une invitation
   À développer ses propres réflexions
   Sur un sujet particulier une question
   Sa méthode passait par la discussion

   Sans jamais entrer en opposition
   Sans vraiment faire d’éducation,
   Elle soulevait des interrogations
   Afin d’amener dans sa direction

   Elle faisait évoluer les opinions
   Doucement avec ses réflexions,
   Et sans aucunes manipulations,
   Elle posait ainsi des fondations

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Enfin le soleil réapparu
   Très faiblement au début
   Voulait-il passer inaperçu
   Il fut tout de suite reconnu

   Étrange sensation perçue
   Que de recouvrer sa vue,
   Chaude lumière revenue
   Lueur d’espoir aperçue.

   Le moral s’améliora
   À part pour Sophia
   Nul besoin de cela

  [Vers et strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 9. Justes Équilibres

   Le printemps était bien-là
   La banquise fondait là-bas.
   Très bientôt elle les libérera
   De sa glace qui les condamna

   L’hiver avait été plus que rude
   Perdus pas très loin du pôle sud
   Et leur avenir plein d’incertitude,
   Menait à de nouvelles inquiétudes

   Jusqu’à présent toujours discrète
   Sophia elle n’était pas inquiète
   Malgré le froid et la tempête
   Elle avançait dans sa quête

   Répandre sa philosophie :
   Cette agapè qui les fortifie
   Leur communauté solidifie
   Créant une douce harmonie

   Les maîtres l’avaient décidé
   Six bateaux il fallait réparer
   Pour tout son bois récupérer
   Un septième sera démantelé

   Avec la fonte de la banquise
   Relâchant toute son emprise
   Leur cale par l’eau conquise
   Chaque bateau perdit prise :

   Leur coque avait été écrasée
   Par toute la glace de bleu tintée
   Il fallait tous les bateaux évacuer,
   Essayer de sauver ce qu’ils pouvaient

« Comment réparer ces coques abîmées ? »
« Nos bateaux sur le fond sont allongés »
« Même avec tout ce bois à récupérer »
   Soupira un marin d’un air dépité…

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Malgré toute la précipitation,
   Ils avaient évité l’éradication :
   Des eaux ils réussirent à sauver
   Presque l’intégralité des denrées

   Il fallait maintenant vivre sur la côte
   Démontrer à nouveau leur jugeote
   Se protéger du froid qui ravigote
   Peut-être chercher une grotte ?

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

[vers illisible]
[vers illisible]
[vers illisible]
« Je vois que tu n’es pas encore prêt à te libérer »

« Alors en attendant, changeons de sujet »
   Lança Sophia à Jacob pour le stimuler
« Quand sur notre bateau tu es monté »
« Le plus jeune des maîtres tu étais »

« Et cela n’a point changé ! »
   Coupa Jacob un peu amusé
« Pourtant aujourd’hui je sais, »
« Que tu es aussi le plus maîtrisé »

   Reprit avec un grand sourire Sophia,
« Réponds alors à cette question-là »
« Qu’est-ce que le juste en soi ? »
« Simple réponse donne-moi »

   Jacob ne sut d’abord quoi dire
« Je ne vois pas où tu veux en venir »
« Mais je vais essayer : [fin de vers illisible]
[vers illisible]

« Le juste pour est donc pour toi une sorte d’équilibre »
« Qui avec une immense balance les valeurs arbitre »
« Quel est donc cet outil qui les valeurs calibre ? »
   Reprit et demanda Sophia sur un ton très libre

« Peut-on vraiment parler d’outil »
   Très simplement Jacob lui répondit :
« C’est tout ce que j’ai vu dans ma vie »
« Que j’ai interprété qui va faire mon avis »

« Que c’est bien dit : tu émets un avis ! »
« Serons-nous toujours du même avis »
« Dans une société chacun vit sa vie »
« Notre interprétation change aussi »

« Ce qui est juste pour moi »
« Le sera-t-il alors pour toi ? »
« Le sera-t-il dans tous les cas »
« Vraiment je ne le crois pas… »

   Jacob était perplexe face à ces questions
   Avec ses si simples, directes réflexions
   Besoin de comprendre ses réflexions
   Sophia remettait tout en question !

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment illisible]

Fragment 10. Neiges de Sang

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment manquant]

   L’été était très vite arrivé
   Mais il n’allait pas durer
   La construction avançait
   Le camp bientôt achevé.

   Les maîtres l’avaient pensé
   Pour assurer : leur sécurité
   Pour rester : bien protéger
   Leurs esclaves ce danger

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Sophia vite réveille-toi »
« Viens dehors avec moi »
« Jamais tu n’as vu cela »
« Il faut que tu voies ça »

   Courte avait été sa nuit
   L’esprit encore engourdi
   Difficile fut la sortie du lit
   Mais sa curiosité la vainquit

« Tu vas voir : un tout nouveau décor »
   Lança Iris en ouvrant la porte du ‘fort’
   À peine avaient-elles mis le nez dehors,
   Qu’elles découvrirent une neige bicolore

   Plus un petit bout de neige blanc immaculé
   Tout de rouge la banquise s’était affublée
   Qu’avait-il bien pu cette nuit se passer
   Hier, il n’y avait rien de particulier

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Eureka ! »
   Sophia lança…
« Il n’a pas fait froid »
« Pour la première fois »

« Ce n’était encore jamais arrivé »
« Cette nuit, l’eau n’a pas gelé : »
« La glace ne s’est pas formée »
« Et la vie s’est développée ! »

« J’ai trouvé une explication »
« Accepteront-ils cette solution »
« Utiliseront-ils enfin leur raison »
« Chercheront-ils une signification »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   La tension était montée d’un cran ;
   Les théories sur la Neige de Sang
   Avaient perturbé la vie du camp :
   Fallait-il partir immédiatement

   Cette perte de la belle glace bleue
   Provoquait de nombreux contentieux
   Interprétée comme un signe des dieux :
   Tous les Hommes étaient plutôt soucieux

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Mais partir pour aller où ? »
« La glace était presque partout… »
« Reprendre la mer, rentrer chez nous ? »
« Mais des bateaux il ne reste rien du tout »

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment illisible]

Fragment 11. Injuste Culture

« Trois jours que nous sommes enfermés »
« Cette tempête va-t-elle un jour s’arrêter »
   Au fond de sa couche Pavlos se lamentait
   La première incursion de l’hiver les tenait

   Les Neiges de Sang avaient disparu depuis longtemps
   Mais la décision avait été prise de quitter le camp
   Au printemps, dès que le temps sera clément
   Construire des bateaux très rapidement

   Avec un hiver pour la préparation
   Faire des plans, prévoir l’organisation
   Mais aussi définir un chemin une direction
   Rallier le dernier port connu était leur intention

   Sophia n’était pas du tout d’accord avec ce plan
   Pour elle, les maîtres agissaient aveuglément
   De tous les dangers ils étaient inconscients
   Prendre tant de risques inconsidérément

   Depuis la vue les Neiges de Sang
   Elle avait son plan : bien différent ;
   Son esprit revenait continuellement :
   À sa vision du ciel au loin rougeoyant

   Une des premières nuits de l’hiver dernier
   Tard après avoir très longuement discuté
   Et alors qu’elle était la seule réveillée
   Tout juste avant d’aller se coucher

   Elle surprit dans le ciel là-bas au loin
   Un événement particulier, bien distinct
   Et qu’Homère avait décrit sur un chemin
   La lueur rouge d’un volcan méditerranéen

« Et si nous pouvions utiliser cette chaleur »
« Sur les flans de ce beau volcan salvateur »
« Fonder cette société qui me tient à cœur »
« Peut-être enfin : sortir de notre malheur »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Son projet se répandait petit à petit
   Grâce à son amour, sa philosophie
« Petit à petit, l’oiseau fait son nid »
   C’est ce que Sophia faisait aussi

   Elle essayait de les convaincre
   Un par un sans les contraindre
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Je te promets que je ne savais rien »
« Ils m’ont tenu à l’écart ces vauriens ! »
« Je sais que tu sais d’où l’ordre provient »
   Répondit Jacob, la voix pleine de chagrin.

« Je sais très cher Jacob que tu n’y es pour rien »
« À notre projet : ils voulaient mettre un frein, »
« Sans voir dans leurs petits esprits restreints, »
« Qu’ils nous donnaient la clef dans un écrin »

   Iris n’avait pas dit un mot depuis cette nuit
   Où elle avait découvert par terre son mari
   Baignant dans une mare de sang démuni
   Gorge tranchée dans une des galeries…

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Je pense que j’ai compris la culture : »
« Nous étions d’accord sur sa stature »
« En donnant à Pavlos sa sépulture »
« L’injuste réunissait notre nature »

« Tu comprends pourquoi je disais »
« Qu’ils nous avaient donnés la clef »
« Pour fonder notre nouvelle société, »
« Autour du juste tous nous regrouper »

« Cette culture inédite s’étend chaque jour »
« Touchant plus de monde tous les jours »
« Maître ou esclave sans aucun détour »
« Pavlos était aimé de tous autour… »

   Sophia laissa une larme couler :
« Oh mon doux Pavlos tant aimé »
« Pourquoi as-tu dû nous quitter ? »
« Tant d’années ensemble passées »

« Adolescent quand je t’ai rencontré »
« Après tant d’années à nous aider »
« Tant d’années à nous protéger »
« Tant d’années à discuter… »

« Tu ne seras jamais oublié ! »
« Iris je te promets de consoler »
« De la garder tout près, protégée »
« Ensemble avec toi : notre société. »

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment illisible]

Fragment 12. Agapè

   [Strophe(s) manquante(s) – début de fragment manquant]

« Le printemps sera là dans quelques semaines »
« Et vous n’avez toute la puissance romaine »
   Commença Sophia extrêmement sereine.
« Pour stopper cette évolution citoyenne »

« La grande majorité est déjà avec nous »
« Qui construira vos bateaux ? Pas nous »
« Je propose à tous de venir avec nous ! »
« Table rase du passé : rejoignez-nous ! »

« Mais sachez que si vous nous rejoignez »
« Alors votre ancien statut il faudra oublier »
« Ni maîtres, ni esclaves dans notre société : »
« Des Hommes dans une société indifférenciée »

« Ainsi je vous propose une autre solution, »
« Évitons toute futile et violente rébellion, »
« Autour d’un amour de la différenciation »
« Ensemble commençons une évolution ! »

« Prenons-nous par la main »
« Ensemble créons demain »
« Un nouveau lendemain : »
« La lumière d’un matin ! »

« Acceptez cette main tendue »
« Ensemble retrouvons la vue »
« Loin de violences décousues »
« Acceptez nos mains tendues. »

« Mais nous ne nous mettrons pas à genoux »
« Cette décision est la vôtre, décidez-vous »
« Mais du fond du cœur je vous avoue »
« S’il vous plaît, venez avec nous ! »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Le discours de Sophia avait fait son effet
   Elle avait été rejointe pas la majorité
   Des anciens maîtres, perturbés :
   Leur beau statut abandonné

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Iris ne pouvait être consolée
   Pavlos elle avait perdu à jamais
   Jacob faisait tout ce qu’il pouvait :
   Il essayait toujours de la réconforter.

   De ce malheur mille fois condamnable
   Il se sentait indirectement responsable
   Il aurait dû voir venir cet impensable
   Pour lui sa faute était inexcusable

   Et Iris restait inconsolable
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Les préparatifs avançaient à grand train
« Tous les traîneaux seront achevés demain »
   Rapporta à Sophia un des plus vieux marins.
« Je sais aussi comment nous chauffer en chemin »

« Il faudra à chaque nouveau campement »
« Revoir un peu : tout notre agencement, »
« Pour libérer un traîneau à chaque camp »
« Et ainsi brûler les traîneaux lentement. »

  Sophia avec le sourire répondit
« Magnifique idée mon cher ami »
« Croyez-vous qu’il faudra aussi, »
« Des traîneaux des bois remplis ? »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Le jour avait fait son retour
   Ils partiront dans quelques jours
   Ils essaieront d’éviter quelques détours,
   Ils ne savent ce qui les attend sur leur parcours

   Grâce à Sophia ils avaient une direction
   Mais tous avaient de l’appréhension
   Et si tout n’était qu’une illusion
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment illisible]

Fragment 13. Exode

« Après des mois de préparation acharnée »
« Le jour du grand départ est enfin arrivé »
« Notre convoi s’est longuement préparé »
« À affronter un périple empli de danger »

« Ensemble, pratiquement un millier »
« Une longue caravane pour l’agapè »
« Comme il n’en avait jamais existé »
« Maîtres ou esclaves indifférenciés »

« N’aillez pas peur car nous sommes ensemble »
« Derrière une magnifique idée qui rassemble »
« Soutenez-vous toujours, donnez l’exemple »
« Et nous arriverons au bout tous ensemble »

   Après ce rapide discours,
   Sophia retourna dans la cour :
   Ceux qui voulaient aller à rebours
   Une dernière fois leur porter secours

« Je tenais à vous porter un dernier doux regard »
« Je vous supplie rejoignez notre étendard »
« Vous n’êtes pas encore en retard… »
« Il n’est pas encore trop tard… »

   Mais aucune d’entre eux ne bougea
   La parole de Sophia ne les toucha
   Ils restèrent tous figés juste-là
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Ils ne savaient pas où ils allaient
   Confiants en Sophia et ses idées
   Ils avaient juste une vague idée,
   De ce nouvel endroit où habiter

   Le temps leur accorda sa faveur
   Une montagne dans leur viseur,
   Traversant la plaine sans fleurs,
   Leur périple débuta en douceur

   Toujours vers cette lointaine rougeur
   Tous les jours marchant huit heures
   À la recherche de plus de chaleur
   Ils avançaient tous avec cœur…

   Les traîneaux leur permettaient
   D’avancer avec toutes leurs denrées
   Mais sur le chemin : ils durent inventer
   Un système pour les empêcher de reculer

   Plus encore chez ceux bâtis plus fortement
   Leurs efforts provoquaient un épuisement
   Le soir, ils dormaient tous profondément
   Tous les trois jours un repos s’imposant

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   La nuit fut particulièrement horrible
   La tempête était arrivée, irrépressible
   Le vent et le froid avaient été terribles
« La vie dans cette région est impossible »

« Je ne sais pas si tous ont pu s’abriter »
   Lança Sophia en dégageant l’entrée
   De leur abri de fortune improvisé
« Jacob, Iris, venez ici m’aider ! »

Fragment 14. Lente progression

   [Strophe(s) manquante(s) – Début de fragment manquant]

« Nous avons perdu bien trop d’amis »
« Qui n’ont pu trouver à temps un abri »
« Alors profitons de cette petite accalmie »
« Réorganisons les traîneaux de la colonie. »

« Nos abris doivent toujours être accessibles »
« Par-dessus les denrées et le combustible, »
« Organisés pour un montage prévisible, »
« Efficace dans un temps imprévisible. »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   La caravane avançait lentement
   Dans la neige et le vent :froidement
   Le temps semblait ralentir son écoulement
   Les montagnes se rapprochaient tout doucement

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   … [vers illisible]
« Ma Douce Iris, plus la peine de le cacher »
« Tu dois commencer à plus te ménager, »
« Je le vois : ton petit ventre gonflé ! »

« Nous serons tous là pour l’aider »
« Pour l’accompagner, le protéger »
« Ce magnifique cadeau, inespéré »
« Issu de vos chairs mélangées… »

« Pavlos et toi allaient nous donner »
« Le tout premier enfant de notre société »
« Mais c’est surtout … »    [vers illisible]
« Le plus beau symbole de votre amour témoigné »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Un mois depuis le début de leur campagne
   Maintenant, au pied de ces montagnes :
   Une toute nouvelle énergie les gagne ;
   Leur objectif est dans ces montagnes.

   Deux jours de repos supplémentaires :
   Reprendre quelques forces élémentaires
   Peut-être quelques-unes supplémentaires
   La suite ne s’annonçait pas si élémentaire

   Les traîneaux dans les pentes bien manœuvrer
   Il leur faudra bien choisir la route, la plus aisée
   Sans jamais perdre de vue : leur objectif éloigné
   Éviter tout obstacle qu’ils ne pourraient dépasser

   Leur progression ralentit encore un peu plus
   Deux jours de marche de suite jamais plus
   Pour accommoder : tous les individus !
   Ils évitaient aussi tout effort superflu

   Sophia était obsédée par la bonne direction :
« Nous ne voyons plus ce point à l’horizon… »
« Nous devons particulièrement faire attention, »
« Toutes ces montagnes perturbent l’orientation. »

   Plus ils montaient plus le froid était omniprésent
   Le mauvais temps se faisait aussi plus présent,
   Mais ils étaient prêts à affronter les éléments
   Dans ce milieu glacé, hostile et angoissant.

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 15. L’Avalanche

« Merci Jacob de t’occuper d’Iris depuis des mois »
« Pourquoi ne t’assoirais-tu pas à côté de moi ? »
« Le camp dort et depuis trop longtemps déjà »
« Nous n’avons pas discuté, juste toi et moi »

   Jacob sortait d’une tente tout doucement
   Oiseau de nuit tout comme elle sûrement
   Sophia était assise près d’un feu de camp
   Il accepta cette invitation immédiatement.

« Iris est véritablement l’amour incarné »
« Et presque tout ce que je sais, elle le sait »
« La mort de Pavlos l’a profondément affecté »
« Mais je sais que toi aussi tu l’as beaucoup été »

« Je sais que tu t’en es personnellement voulu »
« De ne pas avoir été là à ce moment voulu, »
« De ne pas avoir vu venir ces corrompus »
« Mais tu ne t’es pas vengé : ta vertu… »

   Après une pause de quelques secondes,
   Sophia reprit avec une mine plus profonde :
« Aurions-nous commis une injustice immonde, »
« En ne les punissant pas je veux que tu me répondes »

   Elle savait toujours ce qui nous gênait, elle nous le montrait
   Elle savait toujours aller nous chercher dans nos difficultés
   Sophia l’avait démasqué et attendait le moment approprié
   Tout cela Jacob le savait, et il n’en fut pas du tout étonné

« Je n’ai pas de regrets, quant à ce que nous avons fait »
« Mais notre comportement m’a fait m’interroger… »
« Et voici la question que je ne cesse de me poser : »
« Quel est le rôle de la justice dans une société ? »

« Question à laquelle j’aimerais que tu répondes »
   Lança Sophia avec son profond regard qui sonde
« Sans justice : une société serait-elle une tombe, »
« Fais-moi part de toutes tes réflexions fécondent »

   Après un court instant pour rassembler ses pensées
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Ainsi nous sommes tous deux d’accord »
« La justice est une institution, un accord »
« Répondre à l’injuste par un juste ressort »
« Éviter que la juste culture ne s’évapore. »

« Justice a été rendue pour notre cher Pavlos »
« Notre société a été protégé de ce tétanos »
« Certains ont évolué : cet amour féroce »
« Les autres construisent leur carrosse »

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Ils continuèrent dans cette vallée,
   Le terrain plus plat les reposait ;
   Mais son étroitesse les apeurait
   Le seul montagnard se méfiait

   Il connaissait bien les avalanches
   Des montagnes helvètes blanches ;
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Dehors la tempête soufflait
   Toujours coincés dans la vallée,
   La neige continuait de s’accumuler :
   Une semaine qu’ils n’avaient pas bougée

   Le froid, l’épuisement avaient fait leur part
   La mort n’avait pas été tendre à leur égard
   Mais ils avaient un objectif, tel leur phare
  Trois mois déjà depuis leur grand départ

   Une fois cette tempête enfin passée,
   Ils reprirent leur progression, déterminés
   Confiants malgré ce qui avait pu leur arriver
   Le volcan ne devait plus être loin, ils le savaient

   Mais le sort n’en avait pas encore fini avec eux
   Soudain, un grondement terrible, monstrueux
  Juste plus haut, un mur de poudre prodigieux
   Dévalait la pente à grande vitesse vers eux

   La moitié de l’expédition se fit ensevelir
   Personne n’eut vraiment le temps de réagir
   De toute façon il n’aurait servi à rien de courir
   Tout était déjà fini, il fallait agir pour les secourir

   Mais tous leurs efforts furent simplement vains
   Disparus sous des mètres de neige, indistincts
   Ils ne purent en dégager que quelques-uns,
   Malgré tous leurs efforts surhumains…

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Et après tout ce chemin parcouru
   La moitié de l’expédition disparue
   Ce nouveau col abruptement apparu
   Agissait tel un grand coup de massue

   [Strophe(s) manquante(s) – fin de fragment manquant]

Fragment 16. Un nouveau commencement

   Devaient-ils trouver un autre moyen ?
   Devaient-ils rebrousser chemin ?
   Mais le volcan n’était pas loin
   Ils n’en étaient plus certains

   Les pentes qu’ils devaient affronter
   Jusqu’au col, en haut pour arriver
   N’étaient pas là pour les rassurer
   Et donc tous ils s’interrogeaient

   Cette montagne n’était pas des plus hautes
   Mais tous encore perturbés… [vers illisible]
   … [vers illisible]
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Tout le monde a besoin de se reposer »
« Alors pourquoi ne pas en profiter »
« Rester quelques jours, camper »
« Et des éclaireurs, envoyer : »

« Établir une route, au moins la repérer, »
« Qui nous guidera tous jusqu’au sommet »
« Et surtout, voir ce qu’il y a de l’autre côté »
« S’assurer que nous pouvons nous y risquer. »

« Jacob, tu as là une magnifique idée ! »
   … [vers illisible]
« Connais-tu des Hommes prêts à s’y risquer » ?
   … [vers illisible]

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

   Jacob et éclaireurs partis tous les six
   Sophia était restée au près d’Iris :
   Aujourd’hui elle est sa nourrice
   Elle était autrefois sa tutrice

   Maintenant il fallait attendre… [vers manquant]
   … [vers manquant]
   … [vers manquant]
   … [vers manquant]

   Ils étaient partis depuis une semaine
   Et revinrent avec une mine incertaine
   Le sort : un nouveau coup leur assène,
   En haut ils n’avaient rien vu de la scène

   Trois jours à attendre là-haut, plus que prévu
   Les nuages obstruaient presque toute la vue
   De cette petite vallée qui semblait perdue
   Retourner en arriéré ? Pas convaincus

   Avancer leur semblait ainsi plus sage
   Partout autour d’eux : le même paysage…
   Mais le volcan avait été aperçu dans les nuages
   Au loin derrière ce col aux apparences si sauvages

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment manquant]

   Cinq jours déjà qu’ils progressaient,
   Avançant doucement vers le sommet
   Dans ces pentes à la raideur marquée,
   Plus qu’un jour, ils seront tous arrivés.

   [Strophe(s) manquante(s) – bout de fragment illisible]

« Une heure que nous sommes partis »
« Et la caravane s’arrête déjà ? Pause pipi ? »
   Lança Iris à Sophia avec un grand sourire ravi
« Non c’est autre chose, il y a comme une euphorie »

   À l’avant de la caravane : sans trop comprendre
   Des cris de joie commençaient : à redescendre,
   Certains couraient vers l’avant pour apprendre
   D’autres vers l’arrière, la nouvelle répandre…

« Iris : saute dans ce traîneau ! »
   Cria Jacob d’une voix de soprano
« Sophia, aide-nous à la tirer en haut »
« Jacob ! Que se passe-t-il tout là-haut »

« Un rêve, un mirage, peut-être un miracle »
« Le plus beau de tous les spectacles »
« Nous voici au dernier obstacle »
« La fin de notre débâcle… »

   L’expédition avait commencé
   À se regrouper au col, au sommet
   Quand Sophia et son groupe sont arrivés
   Voyant Iris marcher, tout le monde s’est écarté

   Et d’un coup, se fut le silence au sommet
   L’instant était solennel, ils le savaient
   Certains dans la neige, agenouillés
   La très grande majorité pleurait

   Sophia, tout doucement : s’avança
   Avec Iris et Jacob accrochés aux bras
   Tout le groupe lentement : elle traversa
   Ils l’observaient tous avec un sourire béa.

   Aucun nuage le ciel était complètement dégagé
   Et à peine eut-elle entraperçu l’autre côté
   Qu’elle eut du mal à tenir sur ses pieds
   Par rien jamais à ce point touchée

   Devant eux la profonde vallée
   À laquelle personne ne s’attendait,
   Qui de ses plus beaux verts s’était parée…
   Comme pour les accueillir, peut-être un souhait ?

   Aucune glace aucune neige dans cette vallée
   Une dense végétation partout la recouvrait
   Les températures devaient être modérées
   Auraient-ils trouvé leur havre de paix ?

   Une ou deux vallées plus loin
   Ils pouvaient apercevoir au loin
   Ce volcan tant convoité, ce point
   Qui éviterait leur inévitable déclin

   Leur grand exode était bel et bien achevé
   Et ils descendirent dans la vallée : s’installer
   Après des mois de souffrance, même des années
   Ils avaient enfin trouvé cette terre tant recherchée

   Leur histoire ne s’arrête évidemment pas là
   Dans cette petite vallée perdue jusque-là ;
   Elle commence même à peine, juste là :
   Créer une société juste qui réussira…

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